mercredi 26 août 2009

Une entrée en matière déconcertante


Je débarque et pose mon empreinte sur le sol foulé d'innombrables pas inconnus. J'arrive après la bataille, après un concert qui a rassemblé et comblé des milliers de festivaliers saoules et mal réveillés. La scène est vide, le matériel laissé à l'abandon. Des techniciens se précipitent le ramasser sans m'adresser le moindre regard, le moindre intérêt. J'avance d'un pas pour proposer mon aide, mais je sais d'avance que mon appui sera inutile. Le mouvement de ses silhouettes s'accélèrent et se fondent les unes aux autres.

Arret sur image.
Retour en arrière.

Je traverse le site d'un pas mal assuré, seul et affamé. Des cadavres soupirants à mes pieds. La musique faisant vibrer tous ces jeunes en mal de divertissement, se rassemblant en masse autour des bars à disposition, bloquant l'accès au comptoir. Des déchets jonchant l'herbe jauni par la sécheresse, aucun sacs poubelles pour les ramasser. Inefficace. Je croise certaines têtes familières qui m'appellent à me poser à leurs côtés, le temps de quelques rapides prises aux nouvelles. L'euphorie commune est compréhensible. Dans cet univers où l'on salue son prochain et l'appréciant pour ce qu'il est et non pour ce que l'on voudrait qu'il soit est tellement réconfortant, mais éphémère...

Je débarque et pose mon empreinte sur le sol foulés. Espérant me faire entendre. Regardant les gens avec un coeur d'enfant, les admirant comme l'on admire les héros pré-écrits par des esprits un peu trop malins pour pouvoir leur faire confiance. Je trace les contours, prépare le scénario, essaye de cerner le paysage dans lequel on m'y a plongé. Je marche à côté, je parle sans prononcer un mot et en exprime tellement. Changez l'orthographe. L'espoir d'une mentalité, d'une nouvelle société, d'effacer ses préjugés, me garde en vie. Une seule certitude s'ouvre à mes yeux de jeune adulte éveillé: je ne suis pas comme tous ces autres hommes attirés par le même sexe qui salissent notre image et ne méritent pas le droit de connaître la satisfaction, la joie d'une sexualité qu'ils souillent sans aucun scrupule avec la plus grande des vulgarités. Je prend du recul, j'écarquille les yeux et vérifie mes arrières sans pour autant cracher sur l'humanité. Elle ne sera perdu lorsque l'homme continuera de se tourner que vers lui-même et ses propres besoins.

Je débarque, quelques idées en tête, dans un monde qui n'est pas le mien, à une époque qui n'est pas la mienne. Aucun repère, aucun lien. Seul, en fil indienne. Des notions de Bien erronées, une scène à mes pieds. Le micro est branché, ne me reste plus qu'à prendre la parole et me faire écouter. La caméra n'a pas cessé de tourner...

J'ouvre les pages d'un livre qu'il m'est impossible de lire. Dépoussiérez la couverture et commencez la lecture.

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