samedi 19 décembre 2009

the real nature of human beings

Imaginons un monde dans lequel la bisexualité serait la norme. Quelles seraient les conséquences? Une décroissance de la natalité? Une éternelle contradiction? Une débauche sexuelle? Un trouble sentimental? Dans tous les cas, je ne pense pas que cette utopie sauvera les mentalités.

Comment définir donc cette orientation qui effraie et énerve à la fois?
Un mode de pensée libertaire, soulevant toutes les inhibitions et dévoilant au grand jour les contrariétés de l'espèce humaine?
Une passade, une étape de transition, de l'hésitation au passage à l'acte, la métaphore du doute à son paroxysme?
Le parfait équilibre des pulsions, la balance des oppositions, la plénitude des besoins charnels et affectifs?

C'est tout et rien à la fois. Une chose est sûr. Ce ne doit pas être un effet de mode. Elle sous-entend l'impossibilité d'une stabilité sentimentale entre deux êtres? Elle ne doit pas être symbole d'ouverture orgiaque ou exhibition des penchants antithétiques, mais vue et appréciée comme une liberté affective et sexuelle avec les contraintes qu'elle (im)pose: la fidélité et le respect.
Cette sexualité est dépréciée, car on y range tous les cas qui se disent ni hétéro, ni homo, mais qui en fait tout de même partie. Et puis au final, elle devient une étiquette de plus. Un carcan dans lequel on se ferme plus que l'on s'ouvre. On sait au fond de nous même qui nous sommes. Nul besoin de poser des mots (in)compréhensibles de tous. Tant qu'à faire ce peu. On parle et emploi des expressions conformément normalisées. L'humain est ainsi fait: bête comme un poux. Afin d'interagir avec autrui, il doit être insérer dans un moule (conceptuel, religieux, idéologique...). Ce moule s'appelle la société.

Bienvenu

samedi 5 décembre 2009

speechless

Même si je pense avoir franchis un pas et avoir évolué depuis ces dernières années de remises en questions et de sous-estime de soi, je reviens sur un point. Celui où le dialogue ne passe pas avec mes parents. Pourquoi lorsqu'il s'agit de parler explicitement de mes souffrances personnelles avec mes parents, le langage se réduit à un simple état de colère et d'énervement?

Je leur expose mes rêves, mes ambitions de tourner et donc du besoin pressant d'avoir du matériel telle qu'une caméra. Il me font part de leur crainte justifiée comme quoi le fait que j'attache peu d'importance à la dernière caméra qu'ils m'avaient offert il y a deux ans; et que je ne leur montre pas assez d'enthousiAsme quant à mes ambitions qu'ils ont du mal à comprendre et à partager. Le problème est certes mon manque de perversion et d'engouement, mais c'est avant tout, je pense, dû à leur leste éducation, à ce manque de ténacité. Ils m'ont laissé vivre mes envies à un moment où j'avais le plus besoin de cadre et d'ordres à respecter. J'ai souffert d'un physique ingrat dans ma jeunesse et d'une attirance pour le même sexe que j'ai contenu du mieux que j'ai pu. La timidité se faisant, mes parents n'étaient pas là pour me comprendre et m'écouter. Mon père s'attristant de ne pouvoir m'insuffler le sens du travail manuel me faisait culpabiliser. Je ne le satisfaisais guère. A chaque pas hésitant que je faisais, il me regardait d'un air faussement compatissant qui me faisait comprendre que je le décevais de plus en plus. Mais il ne voulait pas me forcer, car il m'aimait. ErReur monumentale. Cette lasse liberté me conduisait de plus en plus vers un dilettantisme contre lequel je me suis toujours défendu. Ce manque de repères m'empêchait de me construire. Je me rattachais donc à ma mère qui a toujours su m'apporter ce dont j'avais besoin: de la chaleur, de l'amour, de la confiance, une oreille attentive mais malheureusement pas le plus important... Les réponses à mes questions, la répartie nécessaire à me forger une personnalité. Je l'ai donc souvent dénigré, cherché à la discréditer. Pas facile quand on prend comme référence une série américaine à travers laquelle sont dressés des portraits idylliques, suintant d'une amère perfection. L'idéal pour lequel j'ai presque toujours pleuré de n'avoir pu goûter. Je me suis donc détaché, admirant la femme construite qu'est ma soeur aînée à l'heure actuelle. Elle qui, longtemps m'a accusé d'avoir été mieux choyé, m'a déprécié, me regardant comme l'enfant pourri gâté que je semblais être. Cette image a longuement été source de contraintes, ces chaînes, que mes parents ont tentées à de nombreuses reprises de rompre, ils me les ont resserrés involontairement de leur bienveillante indulgence. Leur mansuétude à mon égard ne faisait que de me contraindre de plus en plus à n'être que cet être faible, sans réparti contre lequel je me suis si souvent battu. Je pense avoir mis de côté cette introversion malaDive, mais les plaies sont toujours ouvertes. Si j'ai pu m'affirmer sexuellement, ce n'est pas grâce à eux, mais grâce à mes amis. Si j'ai pu grandir, ce n'est pas grâce à eux, c'est grâce aux épreuves de la vie. Si j'ai pu réaliser mes rêves, ce n'est pas grâce à eux, c'est grâce à ma volonté de faire ce pour quoi je respire jours après jours.

Ils me reprochent de ne pas avoir montré assez de reconnaissance lorsqu'il m'ont offert ce caméscope (mon père croit que je ne m'en suis jamais servi --> preuve d'une mécOnnaissance que je lui reproche tant et plus). Certes je n'ai pas sauté de joie, je n'ai pas crié et précipité à faire ce film pour lequel je rêvais tant. Je pense avoir aspiré à trop d'illusions. Ce dilettantisme dont je me plains a malheureusement étouffé ces rêves et m'a fait vivre à côté de mes désires les plus profonds. Je n'arrive pas à exprimer mes sentiments tels que je le ressens, je me cache et me tais. Ou lorsque je veux les exprimer, je les exprime mal. Il m'arrive de ne pas réagir tel que l'attende mon entourage. Et je préfère éviter ne montrer mes faiblesses et lorsque j'ai tord, je ne peux le supporter alors j'étouffe ce malaise d'un regard feint, d'un soupire contrarié. Mon père voit ça comme du je-m'en-foutisme poussé à son paroxysme, mais il ne voit pas à quel point l'image que je donne me déplais. Mais je ne maîtrise aucunement les excuses et les repeNtirs. J'ai vécu tellement longtemps dans la honte que l'exprimer davantage me semble anodinement douloureux. Il est des moments où l'on se doit de se faire pardonner, où l'absolution est nécessaire, mais il ne fait pas parti de mon vocabulaire (déjà assez restreint). Je ne veux pas dire par là que acquitter une personne d'une faute à mon égard ou d'un autre m'est difficilement acceptable, mais c'est se faire acquitter d'une faute par soi-même, s'excuser d'un oubli, d'un délit, surtout quand il est à la hauteur de la plus perverse confusion, qui m'est dangereusement concevable.